PORTRAIT D’ACTEUR: Le Hoop’ festival, un projet de jeunes plein d’ambition

Le samedi 13 août, au château d’Excideuil aura lieu La Hoopette, la première soirée de la jeune association WILD qui espère bien voir cet événement devenir récurrent et se transformer en festival dès l’année prochaine. Nous sommes partis rencontrer Sophie-O, l’une des instigatrices de ce projet le temps d’un interview…

# Pour rentrer directement dans le vif du sujet… Qu’est-ce que le Hoop Festival ? Nous avons cru comprendre qu’il est la suite d’un projet pédagogique de fin d’études  sur lequel vous aviez travaillé en 2015… Tu peux m’en dire plus ?

Le Hoop Festival est un véritable coup du destin ! Au départ, nous sommes quatre filles qui avons étudiées à Paris le temps d’un Master de management de projet culturel. A la fin de l’année, nous devions travailler sur un projet pédagogique et parmi différentes propositions de notre école, majoritairement sur la région parisienne, il y en avait une qui s’intitulait : « Dynamiser le tourisme culturel à Excideuil ». Sacrée surprise, étant donné, que je suis originaire de ce village du Nord-Périgord. Nous avons donc choisi ce thème et l’aventure a commencé de cette façon. C’était un projet  fictif à la base, avec tout un travail à mener et une validation à avoir de différents partenaires locaux sur une « faisabilité » potentielle d’une manifestation de ce type. Aujourd’hui, le Hoop festival se concrétise de jours en jours. Cet été nous mettons en place « La Hoopette », une sorte de soirée de lancement pour « tâter le terrain » avant une première vraie édition que l’on souhaite déployer en 2017 sur deux jours.

hoop chateau

 

>> Plus d’infos: Le Hoop’ Festival fait sa Hoopette – 13 Août 2016

# Pourquoi le « Hoop » ?

C’est une histoire assez marrante en fait. Au départ il y’a la huppe fasciée, un oiseau au long bec légèrement arqué, hoop oiseaumassivement présent dans nos coins au printemps et qui arbore une superbe coiffe de plumes. En anglais, cela se dit aussi Hoopoe et c’est important car il y’a une grosse communauté anglophone à Excideuil. « Hoop », c’est aussi un cerceau dans la langue de Shakespeare, une sorte de symbole du lien entre les gens. Et enfin, « Hoop », signifie aussi l’espoir en Hollandais. Au final, ce nom mêle de nombreuses influences qui sont chacune complémentaire et qui exprime bien notre volonté : créer la rencontre, faire du lien social, dire que les choses sont possibles et valoriser un patrimoine local.

# Pourquoi un festival culturel et, qui plus est pluridisciplinaire ?

Au sein de l’association, on aime toutes des choses différentes, et on suppose que c’est pareil pour les habitants de la Dordogne. On veut simplement que chacun y trouve son compte. Que la programmation artistique et l’événement en général permette la rencontre de plusieurs générations et que plusieurs goûts artistiques se confrontent et se rassemblent. On essaie tout de même d’amener une certaine fraîcheur et un dynamisme au travers du projet.

# Il y a déjà des choses qui existent sur le Périgord Vert, d’ailleurs certains acteurs ont été invités à participer à la Hoopette… Nous pensons, par exemple, au collectif de jeunes dj’s Astrolapitek ou encore à l’association Excit’Oeil… Comment s’est fait le lien avec les différents acteurs associatifs, institutionnels du territoire ?

Ce qui est surprenant c’est que tout s’est fait naturellement. Bon, à titre personnel je dois avouer que je redécouvre complètement le tissu associatif de mon village. Quand j’étais plus jeune, en études à Périgueux, je ne faisais que passer, je pensais plutôt à rejoindre mes amis à « la ville », trouvant les initiatives locales peu attrayantes. Et puis au final, quelques années après quand on rencontre tous ces gens, on se rend compte que l’on partage les mêmes envies, les mêmes valeurs… Pour revenir à ces partenariats, le travail avait déjà été amorcé avec la commune et la communauté de communes, ainsi qu’avec l’office de tourisme. Il a donc été simple de poursuivre. En plus la commune était l’interlocuteur direct de l’école, c’est un avantage qui pèse un poids non négligeable dans la crédibilité d’une proposition comme le Hoop’ Festival. Je pense que sinon ça aurait été difficile pour nous. Il y a aussi le fait que je sois d’ici qui a facilité les choses. L’attache locale c’est super important.

# Comment le projet a-t-il été reçu?

Dans l’ensemble vraiment de manière positive. Dès que le soutien institutionnel s’est fait sentir, le projet à de suite été plus crédible au yeux de tous. Même pour les habitants d’Excideuil.

# Quels ont été les leviers, et les freins à ce projet ?

Pour nous la plus grosse difficulté est toujours celle de l’accompagnement d’un point de vue technique et logistique. Surtout que nous sommes que quatre à la base du projet et que trois d’entres nous sont à Paris la plupart du temps. On a vraiment un gros besoin de bénévoles pour partager le travail à mener. On a aussi eu des difficultés à y voir clair parfois, notamment à cause de la multiplicité des interlocuteurs et des sources d’informations. Parfois on a même eu l’impression que certains avaient le même champ de compétences et on ne savait plus trop où aller.

Concernant ce qui a été aidant, nous retiendrons bien entendu la relation avec les différents partenaires, les artistes, etc… Mais aussi le partenariat avec la Mission Locale de Thiviers avec qui nous avons noué une relation qui nous a permis de faire un appel à bénévoles auprès des jeunes accompagnés par la structure. Et pour que tout le monde y gagne nous nous sommes engagées à y intervenir pour présenter “la possibilité de réalisation d’un projet culturel en milieu rural”. C’est une expérience qui est en plus relié à notre parcours de formation.

Enfin, j’ai suivi à titre personnel une formation via la MAIA 24 (Mission d’Accueil et d’Information des Associations de la Dordogne) sur “Comment dynamiser le bénévolat”. De ce point de vue là on partait de zéro et cette session de formation nous a beaucoup appris.

# Nous avons vu que vous aviez mis en place une campagne de financement sur la plateforme de crowd-funding Hello Asso… Pourquoi ce choix ? Pour que le public, les habitants du territoire deviennent un peu « acteur » du festival ? Parce qu’il y a des difficultés à trouver des fonds publics et à se faire accompagner ?

Tu as répondu pour nous. Effectivement, le but premier c’est que le public et les habitants du territoire, même départemental, se sentent avec nous, investis et prêt à participer, chacun à son échelle. Même si il n’y a pas de participation financière, ça peut donner des idées pour s’impliquer le jour J. En plus, une campagne de financement participatif, c’est un outil de communication exceptionnel. Pour ce qui est des financements publics et de l’accompagnement, c’est sur que c’est un cheminement et un démarche sur la longueur, mais ça vaut vraiment le coup. De nombreux partenaires sont prêt à soutenir des projets de ce genre.

hoop crowdf# Vous faites vos études à Paris, quelles grandes différences positives ou négatives vous voyez sur ces deux espaces opposés entre vie citadine et ruralité? Notamment dans le fait de pouvoir mobiliser et fédérer des gens autour d’un projet…

Pour nous le plus gros des problèmes est celui de la mobilité des publics. Excideuil? Tu n’as pas un bus ou une ligne de train qui y passe directement et qui permettrai de venir et repartir simplement du festival. Quand tu es jeune, comment tu fais? C’est vrai que c’est le genre de problématiques que l’on ne rencontre pas à Paris, où au moindre événement tu es sur de faire 200 personnes minimum.

En plus cette année, on a pas la possibilité de faire un camping, qui est l’une des solutions pour un événement comme le nôtre. Heureusement, les hôteliers du coin sont totalement investis et sont prêts à nouer du partenariat à la fois pour le public mais aussi pour les artistes.

# Est-ce que cet événement vous permet d’avoir « un pouvoir de parole » sur la place publique et de créer des ponts entre des habitants différents, des générations différentes,…?

Clairement. Au travers du Hoop’ festival, on souhaite vraiment enlever cette image du jeune qui part de sa campagne pour la ville parce que son petit village ne propose rien. Il y a des ressources partout, des choses à faire. Il faut de l’envie d’un côté (des jeunes) et de la volonté de l’autre (institutions, mairies, communes).

# Il existe de nombreux dispositifs pour les jeunes qui comprennent un accompagnement et un soutien financier, comme par exemple les « Projets Jeunes » de la CAF/MSA. Certains groupes de jeunes montent aussi des projets culturels… Quels conseils pourriez-vous leur donner ?

On peut résumer en quelques mots? Foncez! Osez! Relancez! Allez à la rencontre des gens, trouvez des appuis locaux, construisez vous un réseau est tout est possible.

# Enfin, si l’on vous dis… « La jeunesse a du talent, faites-lui confiance »… Vous nous répondez ?

On approuve totalement. La jeunesse veut prendre le relais! Elle a besoin d’être accompagnée et qu’à terme on lui laisse les clés pour mener à bien des projets comme celui-ci.

filles hoop

Les deux Margot, Sophie-O et Nolween compose la dynamique association WILD.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller au contenu principal