FOCUS SUR: le RERS, apprendre, transmettre, coopérer.

rers-2Les Réseaux d’échanges réciproques de savoirs (RERS) existent dans de nombreuses villes en France. En Dordogne, c’est à l’initiative de l’Université Populaire en Périgord (UPOP) et en partenariat deux centres-sociaux, Saint-Exupéry à Coulounieix-Chamiers et l’Arche à Périgueux, mais aussi une douzaine d’associations locales qu’ils existent. Les RERS sont un système singulier d’échanges de savoirs et de savoir-faire sans qu’il ne soit jamais question d’argent! Tout repose sur le partage des compétences et des expériences de chacun. Dans les RERS, tous les savoirs se valent, il n’y a aucune hiérarchie.  Aussi, les RERS sont riches de propositions touchant à de multiples domaines. Quelques exemples : bricolage et vie pratique (restaurer un vieux meuble, fabriquer un recyclant, établir un budget familial…), couture et loisirs créatifs (adapter son maquillage, faire des tresses africaines, changer une fermeture éclair…), savoirs scolaires (réaliser un rapport de stage, prendre des notes, se débrouiller dans une langue étrangère…), savoirs culinaires (cuisiner sain et pas cher, faire des conserves…), savoirs sur la nature (tailler les arbres, jardiner sur son balcon…), informatique, photo et vidéo (faire un album avec internet, organiser sa boîte mail…)… La liste n’est pas exhaustive : il y a autant de possibilités que de propositions formulées par les habitants.

 

« Apprendre les uns des autres »

A l’UPOP, une jeune fille en service civique est missionnée pour animer les RERS sur le Grand Périgueux. Une rencontre s’imposait pour comprendre sa mission et ses motivations….

FIC24 : Bonjour Anaïs, est-ce que tu peux te présenter et nous expliquer tes missions quotidiennes?

Anaïs : Bonjour, je m’appelle Anaïs Quinn, j’ai vingt ans et je sors d’un Bac Pro option Secrétariat. Mes principales missions sont d’accueillir le public et de présenter le RERS dans les structures qui accueillent le réseau. Au quotidien, c’est aussi discuter avec les gens , prendre leurs offres ou comprendre leurs demandes et les orienter en fonction.

FIC24 : Est-ce que tu peux nous en dire plus sur le RERS ? Comment cela fonctionne ?

Anaïs : Le RERS c’est un système qui permet aux habitants de

FIC24 : Et leurs demandes ou leurs offres elles portent généralement sur quoi ?

Anaïs : C’est très varié en fait. Cela va de l’informatique à la cuisine en passant par l’apprentissage des langues étrangères, la couture, le chant-opéra ou encore les sports de combat…. Mon rôle c’est de mettre en relation les gens qui ont une demande avec ceux qui proposent une offre, de vérifier si tout se passe bien mais aussi de faire des ateliers.

FIC24 : Tu parles d’ateliers… Tu avais déjà une expérience dans l’animation ?

Anaïs : Non aucune, c’est tout nouveau pour moi mais ça me plait beaucoup. C’est très différent de ce que j’ai pu faire en sortant du bac.

FIC24 : Alors que tu ne venais pas de cet univers, comment as-tu découvert le Service Civique et la mission de l’UPOP ?

Anaïs : C’est par l’intermédiaire de ma conseillère mission locale ! Et comme ça faisais  longtemps que je voulais m’impliquer dans une association et dans l’animation j’ai postulé. Ça a été le moyen de franchir le pas.

FIC24 : Aujourd’hui, tu te retrouves dans ta mission ? Tu as acquis de nouvelles  compétences, connaissances depuis le début ?

Anaïs : Oui franchement j’ai beaucoup pris confiance en moi. L’idée de l’animation que je me faisais colle complètement à ce que je pensais et c’est positif dans mon travail de tous les jours.

FIC24 : Et aujourd’hui tu te sens investie sur ta mission ? Tu proposes des choses ? La structure est à l’écoute ?

Anaïs : Complètement. J’’ai proposé plusieurs idées et des ateliers qui ont été retenues. Du coup ça donne encore plus envie de s’investir et encore plus de valeur à ma mission que d’avoir une écoute.

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FIC24 : Un Service Civique a forcément une fin, et permet souvent d’être un tremplin pour le futur… Est-ce que tu envisages déjà des choses pour la suite ?

Anaïs : Oui, la mission à l’UPOP me conforte dans l’idée de rester dans l’animation. Au départ, avant même de commencer, je voulais reprendre mes études pour faire un BTS dans la logique de mon cursus. Mais finalement je vais m’engager sur un Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport, option Loisirs Tous Publics (BPJEPS). C’est un peu un changement de vie !

FIC24 : Pour résumer, qu’est-ce que tu tires pour le moment de cette expérience, à la fois sur l’aspect mission, mais aussi sur le projet RERS ?

Anaïs : Encore une fois, de la confiance en soi et un épanouissement total qui ouvre de nouvelles perspectives. C’est difficile de mettre un mot dessus. Mais effectivement il y a des compétences que je n’avais pas avant et que j’ai pu acquérir  grâce à ma mission mais aussi à mon tuteur et aux rencontres que j’ai pu faire. Ça m’a donné gout à découvrir de nouvelles choses.

FIC24 : Pour finir, si tu devais conseiller quelqu’un sur le fait d’entamer un Service Civique qu’est-ce que tu dirais ?

Anaïs : De foncer ! Mais il ne faut pas faire ça pour l’argent (rires). C’est une vraie expérience d’engagement qu’il faut vivre. On apprend beaucoup de soi-même et on en ressort grandi.

 


Parole à Hélène Reys, directrice du centre social l’Arche à Périgueux

“C’est un véritable atout que d’avoir un RERS qui fonctionne dans un centre-social. D’une part sur la participation des habitants car certains franchissent la porte seulement grâce au RERS, mais aussi parce qu’il permet de proposer des choses que nous, centre-social, nous ne proposons pas forcément. Et ça peux aussi nous donner des idées. Et puis les objectifs des RERS se croisent complètement avec ceux des centres-sociaux, notamment sur l’apprentissage tout au long de la vie. “


 

Après avoir recueilli les propos d’Anaïs, la Fabrique a souhaité avoir le point de vue de Thierry, son tuteur, sur l’intérêt d’une mission pour un jeune qui construit son avenir.

 

FIC24 : Quelle est ta vision sur la mission de Service Civique d’Anaïs et sur la manière dont tu as pu la voir évoluer depuis quatre mois ?

Thierry : Je pense que je peux reprendre plusieurs points qu’elle a développés. Une véritable prise de confiance de sa part. Mais pour cela il a fallu mettre en place des réunions chaque semaine pour l’accompagner, pour travailler ensemble, s’organiser et qu’elle progresse. Après ce qui est positif pour Anaïs, comme cela pourrait l’être pour d’autres jeunes, c’est surtout le déclic sur un avenir professionnel construit. Plus elle s’est impliquée, plus elle a trouvé sa voie et construit son projet d’avenir. Pour moi, les deux points importants c’est donc la confiance en soi et la construction d’un projet d’avenir.

FIC24 : De manière plus globale, quels bénéfices les jeunes peuvent tirer d’un Service Civique ?

Thierry : Ce qui est intéressant c’est que le Service Civique peut amener le jeune sur un périmètre très large si je le compare à un stage ou une alternance classique qui sont des parcours très centrés sur une formation ou un domaine professionnel en particulier. Là, c’est plus intéressant, on touche à tout. Il y a aussi l’aspect socialisant. Un peu comme les emplois jeunes auparavant, avec cet esprit d’être intégré dans quelque chose. La participation financière aussi,  même si elle est moindre permet aussi de rester socialiser. Mais clairement ça apporte énormément. Je dirais aussi qu’il faut faire attention à l’accompagnement, c’est très important pour la réussite du jeune. Accompagner une personne pour son futur n’est pas simple parfois. Une implication du tuteur est indispensable. Si je devais résumer, le Service Civique, c’est avoir du temps pour se découvrir et penser son parcours. Un peu l’inverse du schéma scolaire.

One thought on “FOCUS SUR: le RERS, apprendre, transmettre, coopérer.

  • Tout ce qui est dit me semble très vrai : un service civique, comme un rers c’est faire une grande aventure à partir d’une ou plusieurs aventures, envies personnelles.
    Belle vie au Rers, et à Anaïs qui va bientôt poursuivre son chemin

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