PORTRAITS D’ACTEURS: Dance Union, une junior association qui fait bouger son territoire | 100% Fabrique d’égalité filles-garçons

Ce mois-ci, la Fabrique est parti à la rencontre d’un groupe de jeunes mobilisé autour d’une passion commune de la danse à Coulounieix-Chamiers. Au delà de l’aspect simplement sportif et artistique, Dance Union fait bouger les lignes puisque ces jeunes filles et garçons se sont structurés autour d’une junior association, prémisse des associations de loi 1901 pour les jeunes mineurs. Une belle initiative qui rassemble de jeunes habitants majoritairement issus d’un quartier prioritaire, qui donne une place à leur participation et leur expression démocratique dans la société, implique les parents et leur permet de sortie de chez eux. A noter qu’en Dordogne, le dispositif est piloté par la Ligue de l’Enseignement.

“Dance Union? Ça nous permet de nous rassembler et de sortir de notre quartier”

Fabrique Initiatives Citoyennes 24 : Comment est parti l’idée de Dance Union ?

Inès : Au départ, avec quelques jeunes de la commune, nous avons participé à l’opération MT’Vac qui permet aux jeunes de pratiquer plusieurs activités pendant les vacances scolaires : sport, culture, art, etc… Sur le planning il y avait de la danse avec Aurélie qui est aujourd’hui notre accompagnatrice. Au départ on ne l’a connaissait pas et d’ailleurs ont était beaucoup à ne pas se connaitre tout court. Durant MT Vacs, on a pu découvrir la danse hip-hop, puis commencer des répétitions avant de proposer un spectacle à la fin des vacances. Le projet était lancé.

FIC : Vous avez directement pensez à monter une junior  association pour encadrer le projet de cours et de spectacle ?

Eva : Non. Au départ on voulait juste prolonger en organisant des cours et puis en discutant avec Aurélie on s’est rendu compte que ça pourrait être bien, surtout pour l’autonomie. Et puis la présidente actuelle faisait déjà partie d’une junior association donc elle connaissait le fonctionnement.

FIC : Et donc au départ de cette junior association, vous étiez combien ? Plutôt des filles, plutôt des garçons, mixte ? Quel âge en moyenne ?

Eva : On était plutôt des filles et autour de 15 personnes. On était plus jeune à l’époque et plusieurs personnes sont parties maintenant. Mais elles ont étaient remplacées par de nouvelles, plus jeunes, et autant des filles que des garçons. Aujourd’hui on est 28.

“Filles/garçons,… l’important c’est que l’on partage un projet commun”

 

FIC : On pense souvent la danse est une pratique féminine, vous en dites quoi ?

Hyacine : Non pas du tout. Bon c’est vrai que c’est du hip-hop donc c’est peut-être plus naturel que des garçons dansent aussi. Pour moi qui suis un garçon, mon arrivée s’est faite naturellement. On ne se pose pas de question tout en étant très ouvert. Et ça permet que chacun ajoute sa petite touche personnelle.

Alexia : L’important de toute façon, c’est qu’on partage notre passion, qu’on est un projet commun.

FIC : Et cette junior association, cette pratique de la danse en collectif, vos projets, qu’est-ce que ça vous apporte ?

Nathalie : Moi, ça me permet déjà de sortir de chez moi.

Amine : Et puis c’est amusant, on fait du sport et ça permet de partager avec des gens en dehors de l’école. C’est différent.

Aurélie (coordinatrice) : Ils se voient en dehors pour parler du projet, danser ensemble et ça c’est très positif.

FIC : Et vos amis, qui ne dansent pas, les jeunes qui vous rencontrent, comment ils perçoivent votre investissement ?

Amine : Nous en tout cas on est fier ! Par exemple, deux personnes partent représenter l’association au regroupement national de Junior Association à Paris. C’est quand même important !

Hyacine : Ça donne aussi envie aux autres. Le fait que ce soit de la danse bloque un peu parfois mais comme il y a le projet derrière ça change tout. Et puis ça montre que l’on peut être autonome. A nos parents aussi.

Inès : Nos amis viennent nous voir, ils sont fiers eux aussi.

FIC : Et aujourd’hui, vous vous sentez prêt pour l’autonomie ?

Hyacine : Pour le moment c’est trop tôt. Mais en tout cas tout le monde en a envie un jour ou l’autre je pense.

FIC: Aurélie, tu es accompagnatrice des jeunes dans leur projet de junior association, quel regard portes-tu sur leur dynamisme, leur engagement?

Aurélie : Oui, je suis effectivement la coordinatrice bénévole de ces jeunes, mon objectif est de les accompagner  un maximum dans leurs démarches de projet avec Florence, une autre bénévole qui est aussi la maman de l’une des jeunes du groupe. L’idée c’est de leur permettre de s’investir dans une activité qui permet de les éloigner des influences mauvaises du quartier dans lequel ils vivent.

Dans la démarche, tout est basé sur des principes de valeurs et de respect. La finalité c’est de les accompagner vers la prise de responsabilité et l’autonomie pour qu’il puisse prendre le bon chemin pour leur avenir. Leur montrer que l’on n’a pas tout sans rien faire.

Les jeunes sont très mobilisés et dynamiques notamment sur les actions d’auto-financement qui nourrissent le projet et permettent aux jeunes de construire, par exemple, des temps de sortie sur des gros spectacles de danse.

FIC: La junior association est basée sur Coulounieix-Chamiers, quels rapports Dance Union entretient avec la municipalité? Le regard des élus est positif, bienveillant? Un exemple?

Aurélie : On a effectivement des regards très positifs de notre municipalité. On reçoit la participation de plusieurs personnes des services municipaux qui aident les jeunes sur la construction des animations dans le cadre des évènements municipaux. La ville nous soutient aussi sur un aspect plus quotidien : démarche, gestion administrative,… Même si l’on sait que la collectivité apporte une grande importance à la jeunesse sur notre territoire, nous n’avons cependant pas eu d’entretien spécifique avec les élus pour qu’ils comprennent nos projets. C’est peut-être le prochain pas à faire !

FIC : Quel a été votre plus gros évènement en 2016 ?

Lilie : On a participé à un grand projet humanitaire pour récolter des fournitures que l’on a envoyé à des enfants de Mayotte. On a aussi pu, comme nous sommes connus sur la commune, faire participer le collège sur cette action qui nous a donné des manuels et des livres. Le principal était content que des enfants du quartier viennent le solliciter.

Hyacine : Pour l’association, on a aussi créer un partenariat avec le club de football de Boulazac qui nous permis de récupérer des survêtement au nom de l’association gratuitement.

Inès : En fait on danse, mais on tient aussi des stands pour financer nos projets. Et depuis peu on a rejoint pour certains les Conseils Citoyens de Coulounieix-Chamiers

FIC : Des pistes pour 2017 ?

Aurélie : Oui, les jeunes vont participer à un grand rendez-vous de danse à Bordeaux organisé par l’association WON. Ce sera une journée caritative durant laquelle les fonds récoltés seront envoyés pour l’aide aux migrants.

>> Plus d’informations: le Facebook de Dance Union

 

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