PORTRAITS D’ACTEURS: La Grange du Potier, un café associatif qui fait bouger les lignes | 100% Fabrique de lien social

Ce mois-ci, rendez-vous à Saint-Jean de Côle, petit village du Périgord Vert coincé entre Thiviers et Nontron. Nous sommes partis à la rencontre d’Arnaud et Yohan, jeunes fondateurs enjoués de La Grange du Potier, un café associatif ancré dans un territoire rural. La volonté des deux compères? Proposer toute l’année un lieu de vie aux habitants de leur village, mais aussi d’ailleurs. Animer un espace convivial qui réchauffe les cœurs et les âmes et permet la rencontre, même lorsque le froid de l’hiver envahit les ruelles laissées à l’abandon par les touristes estivaux… Rencontre avec Arnaud et Yohan, les deux coordinateurs du lieu.

Fabrique d’Initiatives Citoyennes : Arnaud, Yohan, pouvez-vous nous présenter en quelques mots la Grange du Potier ?

Grange du Potier : C’est un café associatif qui s’est construit sur la base des jeux de sociétés. Un lieu que l’on souhaite intergénérationnel avec un coin lecture, un coin pour les enfants, un coin dédié au bar, et un espace pour les jeux. On fait aussi quelques soirées avec des expos, des concerts en acoustique et des soirées thématiques.  On est ouvert seulement le week-end pour le moment car nous cumulons des activités professionnelles avec cette implication bénévole. Depuis l’ouverture en décembre 2016, on compte 213 adhérents et une dizaine de bénévoles actifs. On est vraiment super content de cette dynamique.

FIC : D’où est partie cette idée d’un café associatif ?

GDP : En fait c’est un lieu qui avait déjà vécu. Il est accolé à mon appartement (Arnaud) et nous le louons à ma propriétaire. C’était une salle d’expositions auparavant mais elle avait était laissé à l’abandon. Et puis le point de départ c’est surtout le constat qu’ici sur notre territoire rural, il n’y a rien pour la jeunesse. Rien qui bouge, hormis peut-être sur la période estivale puisque il y a beaucoup de touristes. On est une grosse bande de copains entre 20 et 30 ans, on s’est toujours retrouvé chez les uns ou chez les autres. La Grange, c’était l’occasion de nous réunir ailleurs et d’ouvrir la porte à d’autres habitants, d’aller à la rencontre de nos voisins. Et puis les cafés, historiquement, ont toujours été des lieux de rencontres, de discussions, de rêves… C’est ce que l’on a voulu recréer.

FIC : On n’ouvre pas ce genre de lieu du jour au lendemain… Comment en êtes-vous arrivés là ?

GDP : On a toujours été dans le mouvement associatif. Du bénévole qui aide à faire les sandwiches pour une manifestation jusqu’à dernièrement devenir président. C’est clair que sans ce parcours personnel, on n’aurait peut-être pas osé. Mais finalement avec du recul c’était logique.

FIC : Du côté du village, comment les habitants ont reçus l’idée de la Grange du Potier ?

GDP : Globalement bien, même super bien pour certains. Après il y a toujours des gens contre, notamment à cause des nuisances sonores. Mais l’appréhension s’est vite transformé. Les gens en parlent entre eux, ils disent des choses positives sur le lieu et ça encourage ceux qui avaient un apriori. Et puis on été déjà investis  sur d’autres choses dans le village et sur ses alentours. Etre identifiés  ça a été bénéfique. Avec le café, on montre que certes on est des jeunes, mais que ce lieu est pour tout le monde.

FIC : Justement, comment avez-vous pensé l’implication des habitants dans ce lieu ?

GDP : Une chose est sûre ce n’est pas un lieu où les gens viennent qu’en simple consommateur. D’une part pour consommer il faut être adhérent, donc partager les valeurs de l’asso qui sont la convivialité, le partage, l’échange et la solidarité. Maintenant cela fait peu de temps que nous sommes ouverts. Il faut que la mayonnaise prenne. Pour autant on note déjà un bénévolat qui fonctionne avec des gens différents chaque week-end qui nous aide. Ce que l’on souhaite surtout c’est que la Grange devienne le café des adhérents, un lieu où ils puissent proposer et mettre la main à la patte. On va essayer de mettre en place une boîte à idées pour commencer.

FIC: Pour vous, est-ce que ce genre d’initiatives change la vision des autres générations sur les jeunes?

GDP: Complètement.Aujourd’hui, et pas qu’au travers du café, mais aussi pour tout un tas d’autres manifestations auxquelles les jeunes du village participe régulièrement, les autres générations nous font confiance. En fait c’est le temps qui parle pour nous. Et le sérieux.

FIC: Et du côté des élus, de la municipalité, quels retours?

GDP: La mairie nous suit à 100%. L’équipe municipale nous a même fait des propositions d’aide matérielle, de mises à disposition de moyens humains. Par exemple, nous allons organiser un concert en extérieur, au milieu de notre rue. Les cantonniers vont nous aider à mettre en place des barrières, des chaises, des tables. 

Au détour de la rue , Monsieur le Maire , Francis Sedan quitte la tonte de son jardin pour nous rejoindre.

FIC: Monsieur le Maire, quel regard portez-vous sur cette belle initiative?

Francis Sedan: C’est un projet important pour nos petits villages. Avoir un lieu qui permet de tisser le lien entre les habitants du village, du canton, voire même de l’intercommunalité, de nos jours, ça se perd. Je souhaite juste rappeler qu’au delà de la démarche il y avait un vrai projet construit. Pour une municipalité c’est très important. ON peux, on veux accompagner nos jeunes, les projets qu’ils portent mais il faut un projet qui tient la route. Pas forcément pérenne, on a le droit de se tromper, d’expérimenter. Mais on doit y trouver un bénéfice commun. De notre côté on a vu ce qu’un lieu comme la Grange pouvait apporter au territoire. Et puis, c’est même un projet qui peut essaimer ailleurs, des gens viennent de loin pour voir comment cela se passe. Si, la Grange peut apporter une nouvelle dynamique c’est très positif.

>> Plus d’informations sur Facebook: La Grange du Potier

 

 

One thought on “PORTRAITS D’ACTEURS: La Grange du Potier, un café associatif qui fait bouger les lignes | 100% Fabrique de lien social

  • Bonjour, mon épouse et moi devons fin octobre venir habiter la maison de famille à la Boine. Nous serons certainement adhérents de ce café assos.
    Un de mes romans L’Institutrice de Saint jean a une grande partie de son texte qui a pour fond Saint jean…
    Il est en expo à l’épicerie de village!
    A bientôt
    jean Pierre Roussary

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