PORTRAIT D’ACTEURS: une WebTv à l’initiative de jeunes en Dronne et Belle qui relate de la vie du territoire

Cités à de nombreuses reprises dans les infos de la Fabrique, la Web’L, une WebTv animé par un groupe d’ados de la communauté de communes Dronne et Belle poursuit son bout de chemin et relate avec humour et passion la vision d’un territoire par ses jeunes mais aussi la façon dont ils peuvent vivre en milieu rural. Une expérimentation qui dure depuis 2013, accompagnée par l’Espace Socio-Culturel Le Ruban Vert et qui évolue tous les jours en fonction de ce que les jeunes souhaitent y mettre comme ingrédients. Depuis 2015, la WebTv est accompagné par un vidéaste professionnel (Histoire 2 Voir) et des ateliers réguliers ont été mis en place au collège de Mareuil ainsi qu’au collège de Brantôme, en partenariat avec l’Accueil Jeunes Dronne et Belle. Il était temps de partir à la rencontre de ces jeunes gens plein enthousiasme et de créativité, le temps d’un atelier au collège de Mareuil…

Fabrique d’Initiatives Citoyennes: Est-ce que vous pouvez nous dire quelques mots sur la Web’L?

Mathis: La Web’L c’est une WebTv, donc un émission comme à la télévision mais qui n’existe que sur internet. Nous avons une chaîne vidéo sur YouTube avec toutes nos réalisations. On y trouve des reportages, des films sur les ateliers au collège mais aussi sur des choses faites en dehors. Et il y a aussi des courts-métrages.

FIC: Et sur vos projets en cours?

Antonin: En ce moment, on prépare un reportage sur l’association sportive du collège, ici à Mareuil. On présentera les différentes activités.

FIC: Pourquoi cette WebTv? Pourquoi vous aimez y participer?

Henri: C’est parce qu’on fait tout. On filme, on écrit les histoires, les scénarios, on s’occupe aussi du montage. En fait on réalise les projets vidéos de A à Z. Et puis c’est différent de l’école. Ça fait une pause et en même temps ça permet d’occuper nos récréations, nos pauses de midi. On rencontre aussi plein d’autres élèves qu’on ne connaît pas forcément au départ. Même des plus jeunes avec deux ou trois classes d’écart.

FIC: Les gens qui regardent les épisodes, vous savez qui c’est?

Mathis: Non, on ne sait pas vraiment.Même si moi je force mon père à regarder (rires).

Olivier (animateur jeunesse à l’espace socio-culturel le Ruban Vert): C’est vrai qu’on ne sait pas vraiment. Mais c’est bien car il y a quand même 128 abonnés à la chaîne et des vidéos avec presque 500 lectures. C’est valorisant pour eux et ça les motive. Mais des jeunes la regardent. On s’en rend compte quand des nouveaux arrivent pour les ateliers. Ils savent ce qu’il s’y passe.

“On interroge nos camarades, mais aussi les adultes, les profs,…”

FIC: Comment se construit le chois des courts-métrages, des épisodes, des reportages?

Henri: Pour certains tous ensemble, pour d’autres non. Ça dépend de ceux que cela intéresse, des gens présents aux ateliers. En ce moment ce qui prend bien c’est les plateaux débat sur des actualités qui nous correspondent. Par exemple, la dernière fois, on a fait un débat sur le jeu Pokémon Go. On a construit un plateau comme un vrai débat pour avoir l’opinion de tout le monde avec des arguments positifs et d’autres négatifs et surtout les invités n’étaient pas que les jeunes, mais aussi les adultes, nos animateurs. C’est intéressant de savoir ce qu’ils pensent.

Enzo: Il y a aussi les épisodes de Web’Détente. Là on essaie d’interroger les élèves et les profs, par exemple pour savoir pourquoi ils sont venus dans le collège. 

FIC: Et justement du côté des profs, du principal, de vos autres camarades, de vos familles ou des gens que vous connaissez, il y a un intérêt pour le Web’L?

Enzo: Les profs, ils se sentent gênés, ou alors ça ne les intéresse pas. En tout cas il ne participe pas.

Antoine: Nos camarades jouent le jeu quand ils doivent répondre à des questions sur des micros trottoirs par exemple. Et puis certains ça leur donne envie de nous rejoindre.

Olivier (animateur): Cela fait vraiment effet boule de neige.

Henri: Nos parents, les autres personnes, nos voisins, les habitants, on les croisent plutôt sur des événements où l’on présente nos vidéos. Par exemple sur la journée Familles en Fête. Et là on rencontre aussi des élus de chez nous comme le maire. Les adultes participent généralement, ils répondent aux questions.

Antoine (Histoire 2 Voir): Il a fallu du temps pour que le projet fonctionne. Que l’on ne perde pas forcément les générations quand ils quittent le collège ou le territoire. Maintenant que ça fonctionne, que la transmission du projet se fait, l’on doit faire plus de projets impliquant les habitants pour leur montrer ce que fait la jeunesse de Dronne et Belle.

“Un projet qui permet le déclic”

FIC: Et dans votre quotidien de jeune, qu’est ce que la Web’L vous apporte? Est-ce qu’elle a changé quelque chose chez vous?

Mathis: Moi ça m’a vraiment permis de découvrir d’autres gens. de partager des choses avec eux et une passion. Une passion car j’ai même fait mon stage de 3ème dans ce domaine. Çà pourrait devenir une voie professionnelle.

Melissa: Moi ce que j’adore c’est l’échange entre nous. On s’entraide tous, on est solidaire.

Henri: Oui, d’ailleurs c’est nous qui montrons les choses techniques aux nouveaux qui nous rejoignent, on transmet ce qu’on a appris.

Rafael: Moi c’est plus sur le fait de parler en public. Aujourd’hui je suis un des présentateurs des émissions. On fait des choses super. C’est divertissant et en plus on peu y mettre de l’humour et montrer qu’on est capable de faire des choses.

Enzo: Ce que j’en retiens c’est qu’on est acteurs, mais dans les deux sens. Acteurs de la Web’L et du projet, mais aussi acteurs pour de vrai (rires).

FIC: Est-ce que cette expérience, toujours en cours pour certains ou qui va s’arrêter pour d’autres qui partiront du collège à la fin de l’année vous donne envie de continuer?

Mathis: Oui, surtout que maintenant on rencontre d’autres jeunes d’ailleurs avec qui on a des projets. Par exemple ceux de l’Accueil Jeunes Dronne et Belle à Brantôme ou Champagnac-de-Bel-Air. Dernièrement, on a fait un film en commun et on s’est super bien entendu. Eux aussi ça leur donne envie de développer des projets. On était 16, sur un film qui va sortir bientôt et qui s’appelle “Maragapilé”

Ci-dessous le teaser de “Maragapilé”


La vision des adultes sur ce projet de WebTv….

Olivier, animateur jeunesse au sein de l’Espace Socio-Culturel Le Ruban Vert, accompagne le projet depuis le départ:

Ce projet permet beaucoup de choses, de passerelles entre les jeunes mais aussi des structures du territoire. Dernièrement, dans le cadre du Projet Éducatif De Territoire dont nous sommes partie-prenante avec le Ruban Vert, on a ainsi pu se rapprocher de l’Accueil Jeunes Dronne et Belle. Qu’un projet pédagogique prenne autant d’ampleur avec des liens sur un territoire aussi grand que le notre permet aussi de montrer à nos élus que les jeunes qui vivent ici ont des choses à dire. C’est très important! Et puis on leur donne la possibilité d’inscrire leur WebTv dans des actions plus larges en participant à des festivals de courts-métrages comme le Festi’Prev à La Rochelle ou le festival Les Cendriales à Cendrieux en Dordogne.

Du côté des jeunes ce qui est intéressant aussi, c’est d’être non plus sur le schéma de l’école, mais sur le schéma d’une réelle égalité. Ils se tirent tous vers le haut.

Bénévole du CLAS qui accompagne les jeunes:

C’est une véritable expérience positive pour eux. Beaucoup étaient renfermés, avaient du mal à s’exprimer et la Web’L a permis de les libérer.

Antoine (Histoire 2 Voir):

Ce qui est le plus important pour moi c’est que les jeunes soient dans un autre environnement que celui proposé à l’école. Dans la WebTV, on expérimente, on essaie, mais surtout on a le droit de se tromper.

Adeline, conseillère principale d’éducation au collège de Mareuil:

Le plus visible c’est le changement des mentalités. Les jeunes évoluent vraiment positivement, se sentent plus investis à l’école, mais aussi plus responsable. Ils portent un projet et s’obligent à le représenter d’une belle manière, d’en être les représentant dans la cour.

Pour nous, établissement scolaire, il y a aussi un vrai intérêt à développer ce types de partenariats avec des structures de l’extérieur. On ouvre nos portes. Faire rentrer l’éducation populaire dans le lieu de l’éducation nationale n’est pas aisé au départ puis l’on voit vraiment le bénéfice pour chacun. Nous s’est effectivement parce que l’on se sert de ces projets pour nourrir nos projets d’établissements. C’est un vrai plus pédagogique.

 

Pour voir l’ensemble des vidéos de Web’L, cliquez sur l’icône ci-dessous!

 

 

 

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