ACTU: une délégation SOS homophobie en Dordogne, animée par des bénévoles impliqués.

Nous avons rencontré la  18ème délégation en région de SOS homophobie, qui vient de s’ancrer en Dordogne et poursuit plusieurs grands objectifs :

  • Aider les personnes victimes d’actes homophobes et transphobes (Pôle Écoute et Soutien)
  • Mener des actions de prévention de l’homophobie et de la transphobie (Pôle Prévention)
  • Militer pour l’égalité des droits des homosexuel-les et des personnes trans (Pôle Action)

Créée à la suite de la journée du 17 mai à Périgueux, à l’initiative du collectif LGBT Dordogne, qui a vu la création d’un passage piéton aux couleurs LGBT (Lesbienne, Gay, Bi, Trans), la délégation est menée par Christophe Loiseleur, le délégué territorial et une poignée de bénévoles.

Rencontre et questions à Christophe Loiseleur (délégué territorial pour la Dordogne) et Erwan Dubarry-Baete (membre actif)….

FIC : Pourquoi la volonté et le choix d’ouvrir une délégation en Dordogne ?

L’action de SOS homophobie n’est pas encore assez connue. Et puis il n’y avait pas de structure vraiment spécialisée sur ces questions en Dordogne. On a peu de recul aussi sur les chiffres d’actes LGBT-phobes. Mais ce que l’on sait c’est qu’il y a eu seulement 5 signalements par la ligne d’écoute nationale et aucun dépôt de plaintes sur le département l’an passé. Pour autant, cela nous questionne puisque paradoxalement, on note une hausse de 20% au niveau national. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de plaintes qu’il n’y a pas d’actes…

FIC : Quel est le rôle de cette délégation ?

On peut reprendre notre slogan pour éclairer notre action : Soutenir – Prévenir – Militer ! De manière plus claire, notre première mission est d’être relais vers la ligne d’écoute nationale et de promouvoir son existence.

Focus sur la ligne d’écoute nationale : gratuite et anonyme !

SOS homophobie assure un service d’écoute téléphonique nationale pour les personnes victimes ou témoins, d’actes ou de discriminations lesbophobes, gayphobes, biphobes ou transphobes.  Lieu d’accueil de la parole, de soutien, de conseil, d’information, la ligne permet aux appelant-e-s de sortir de l’isolement, et leur fournit des éléments qui leur donnent la possibilité d’agir. Les appels reçus contribuent de plus à établir le rapport annuel sur l’homophobie en France.

Ligne d’écoute

01.48.06.42.41

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FIC : Une question qui semble désuète pour certains avec les avancées du droit français depuis quelques années… Est-ce toujours difficile d’être LGBT aujourd’hui, en France ?

On voit que le sujet interpelle toujours. Il y a du débat, de l’échange et c’est positif. Mais il y a aussi des choses qui posent questions. La libération de la parole se fait des deux côtés. On note de plus en plus de facilité d’assumer d’être LGBT et en parallèle de plus en plus de facilité à rejeter les personnes, à rentrer dans la violence des mots et des actes. Il n’y a qu’à voir sur les réseaux-sociaux…

« Il n’y a pas d’acquis, que des conquis »

FIC : Et justement quel regard portez-vous sur les réseaux-sociaux, comme espace de libre-expression…

D’une part, il faut rappeler que toute discrimination n’est pas une opinion, mais un délit. De plus considérée  comme « fait aggravant » devant les structures judiciaires. C’est donc législativement normé. Pour autant dans les faits, les réseaux-sociaux sont des terrains d’expression incontrôlables et incontrôlés. Plus que des discriminations, on y trouve aussi de la désinformation. Avec SOS homophobie, nous menons d’ailleurs une veille sur le contenu et la parole diffusée sur les réseaux-sociaux. Nous avons le devoir de signaler.

FIC : Quel regard portez-vous aussi sur notre territoire rural ? Existe-t-il une différence notable entre espace ruraux et urbains sur les questions de discriminations LGBT ?

C’est difficile à dire. On en trouve tout autant de notre avis. Par contre, ce sont peut-être les formes qui changent. Plus psychique que physique… ? C’est une question à creuser.

FIC : Vous fêtez le premier mois d’existence de la délégation, quel accueil sur le territoire ? Est-ce que les municipalités se sentent concernées ?

Plutôt ! C’est surtout grâce à la journée mondiale de lutte contre les actes LGBT-phobes qui existe depuis 2008 que les mentalités changent, que l’on prête attention. Pour le moment les municipalités s’investissent institutionnellement, comme pour la journée du 17 mai dernier. C’est clair qu’il faut aller plus loin.

FIC : Quels sont vos projets, perspectives d’actions pour les mois à venir ?

Comme le porte SOS homophobie au niveau national, nous souhaitons développer des interventions autour de la prévention et de l’information, notamment en milieu scolaire. En plus de ces interventions, nous souhaitons aussi investir les espaces citoyens et d’éducation populaire. Il faut engager le dialogue et peu importe les générations. D’ailleurs nous proposons des interventions et des formations pour adultes (IFPA), dans le cadre d’entreprise, collectivités, etc… Il y a un gros travail à mener de ce côté-là.

Prochain rendez-vous :

9 septembre 2017 – Forum des Associations de Périgueux

Filature de l’Isle – 15 chemin des feutres du Toulon

>> Pour toutes informations :

sos-dordogne@sos-homophobie.org

Facebook : www.facebook.com/SOS-homophobie-délégation-Dordogne

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