PORTRAIT D’ACTEUR : “Nous avons traversé des tempêtes” – un projet documentaire d’un réalisateur/animateur engagé | 100% Fabrique d’engagement

Un homme engagé qui souhaite vivre et transmettre sa passion tout simplement…

Antoine Hospitalier a un parcours bien rempli, commencé dans l’Aube (10) avant de poser ses valises en Dordogne avec sa famille il y a quelques années : objecteur de conscience, emploi jeune, employé de la Ligue de l’enseignement pendant 15 ans où il créa le premier Pôle Ressources/Service audiovisuel (réalisation, formation, production, diffusion).

L’objectif, entre autres, était de promouvoir le cinéma comme médium pour transmettre des valeurs mais aussi comme médium pour faire de l’éducation populaire tout public (outil d’éducation à l’image/de transmission de savoirs/de compréhension du monde et des enjeux actuels). Une éducation tout au long de la vie. Selon lui, tout média audiovisuel peut être utilisé comme un « outil artistique qui permet de diffuser des idées et rassembler les gens ».

Histoire 2 Voir – le cinéma, un outil précieux d’éducation populaire !

 

En arrivant en Dordogne, il décide de poursuivre cette aventure, commencée dans l’Aube, et se lance dans la création d’Histoire 2 Voir, une association qui lui permet d’offrir différentes prestations à un public très large : établissements scolaires, centres sociaux, associations et particuliers. Au travers de cette association, il souhaite permettre aux gens de pouvoir pratiquer le cinéma/l’audiovisuel (ex : clip, reportage, film de famille) de manière ludique/loisirs et/ou professionnelle.

Il a choisi de s’installer en milieu rural (sur la communauté de communes Dronne et Belle) car il estime qu’il y a un vrai manque à investir dans son domaine et un réel combat à mener en termes d’égalités des territoires : l’expression culturelle/artistique/audiovisuelle doit être également accessible aux populations des milieux ruraux.

Dès le début, affichant clairement sa volonté de collaborer avec les acteurs déjà en présence dans un souci de complémentarité, il a reçu un accueil très favorable, que ce soit des communes, des écoles, des associations, des entreprises, de l’Accueil Jeunes Dronne et Belle ou du Centre Socioculturel Le Ruban Vert, avec lequel il travaille désormais sur de nombreux projets (une Web TV animée par des collégiens, des courts métrages, un projet d’école libre du cinéma/pôle Ressources, etc.). Son leitmotiv : « Ce n’est pas eux qui font avec moi mais moi qui fais avec eux ».

Avec son public jeune, Antoine affectionne particulièrement l’outil audiovisuel pour transmettre de nombreux apprentissages : apprendre à analyser/décortiquer les images, à travailler en groupe, à écrire/à s’exprimer, à se repérer/déplacer dans l’espace, déconstruire des idées préconçues à travers le travail de rédaction d’un scénario (travail de sensibilisation implicite – rétablir la vérité/la réalité « avec des jeunes pour les jeunes »).

Il a récemment été impliqué dans le projet intergénérationnel « Les villages font leur cinéma », proposé par le Centre Social et Culturel Thenon Causses et Vézère (voir article à ce sujet), et œuvre aujourd’hui, aux côtés d’une association de Brantôme, pour organiser une projection sur l’abbaye de la ville dans le cadre de la Fête de la Lumière, prévue le 13 décembre prochain. Collégiens, professeurs de Français/Histoire et Occitan planchent en ce moment sur un montage d’images relatant l’histoire d’Aliénor d’Aquitaine qui sera projeté sur l’abbaye. Grâce au concours de la Fondation Agir du Crédit Agricole, Antoine devrait pouvoir acheter le projecteur nécessaire pour ce genre de prestation et ainsi ajouter une nouvelle corde à son arc en lui donnant la possibilité de proposer tout type de projections sur des façades d’églises, de châteaux, de ruines…on appelle cela le « mapping » !

Vous l’aurez compris, notre réalisateur/animateur/pédagogue, passionné et investi, est porté par de nombreux objectifs : transmettre du plaisir aux gens, faire du lien (entre des personnes, des générations, les différentes époques), valoriser ce que des personnes peuvent faire ensemble en collaborant sur un projet monté de A à Z avec lui, valoriser le patrimoine local (importance de l’Histoire, la vie des gens, le travail de mémoire), utiliser l’outil audiovisuel comme vecteur d’apprentissages interdisciplinaires, transmettre des valeurs, faire réfléchir son public.

Tout en mettant ses compétences et ses conseils aux services de projets qui lui sont proposés par d’autres personnes ou structures, Antoine mène également ses propres projets plus personnels, de réalisations de films fictions et/ou documentaires, qui lui permettent de vivre sa passion au quotien

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« Nous avons traversé des tempêtes » un film, sur un projet porté par deux hommes, rallumeur d’espoir et d’engagement !

 

Un projet de film documentaire monté très rapidement pour une belle cause

 A l’origine du projet, le souhait de la communauté Emmaüs de Périgueux de s’inscrire dans la continuité d’une action portée en 2015 par Alain Gomez et Maria Guerra, co-responsables à la communauté Emmaüs de St Etienne, qui ont traversé le détroit de Gibraltar à la nage et en kayak en hommage aux migrants disparus en mer et de revendiquer la libre circulation des personnes.

Les compagnons d’Emmaüs Périgueux se sont dit qu’ils pourraient proposer à Emmaüs France et Internationale de renouveler cette action mais cette fois-ci avec la participation de compagnons également.  Cette proposition a vite suscité l’adhésion de tout le monde et a été repris un peu par le National. Une centaine de compagnons étaient volontaires. 

Alors comment Antoine s’est-il retrouvé dans ce projet ? Début août 2017, l’idée lui fut proposée par Fabrice Imbert (un ami avec lequel il a déjà collaboré sur des projets précédents) qui a des liens avec la communauté Emmaüs de Périgueux et qui avait entendu parler de ce projet de traversée au cours d’un de ces passages pour acheter des livres chez eux.  En parlant avec des compagnons de la communauté, il avait compris que ces derniers se sentaient frustrés d’avoir été mis un peu de côté par le national. Spontanément et généreusement, il leur proposa de tourner un documentaire centré sur eux afin de rendre compte de leur engagement dans cette aventure. L’offre fut accueillie avec beaucoup d’enthousiasme et c’est donc tout naturellement qu’il se tourna vers Antoine pour l’aider dans ce projet. Ce dernier fut donc monté dans un laps de temps très court !

Toujours en tournage, il est encore temps de les aider financièrement pour ce projet! Une campagne de financement participatif est actuellement en cours sur la plateforme Ulule. La somme récoltée leur permettra de prendre en charge la partie logistique. Tout le reste, le plus gros du travail, est assuré entièrement bénévolement par Antoine et Fabrice. 78 contributeurs ont déjà rejoint l’aventure, pourquoi pas vous?!

 

Suivre Tino et Ludo dans les différentes étapes de leur projet

Tino et Ludo, deux compagnons Emmaüs Périgueux, se sentaient concernés par cette problématique des migrants, par le peu de réactions que suscite la mort tragique de milliers de personnes en mer méditerranéenne chaque année. Mais « où donc est passée notre humanité ? ». Cette préoccupation a été l’élément déclencheur de leur motivation pour faire bouger les choses, mettre un coup de projecteur sur cette cause en proposant une nouvelle traversée du détroit de Gibraltar.  

Sous la forme d’un road movie, le documentaire porte sur leur projet, en les suivant dans leur périple (Périgueux-Tarifa-Périgueux) et en filmant bien évidemment la fameuse traversée, à laquelle d’autres compagnons prirent part également (au total 43 compagnons, bénévoles et salariés furent de la partie, 8 nageurs et 45 kayakistes).

 Il ne s’agissait ni de faire du misérabilisme ni de faire un documentaire sur les compagnons d’Emmaüs mais tout simplement un film sur le projet de deux personnes (qui s’avèrent être des compagnons d’Emmaüs), deux personnes qui veulent monter un projet pour d’autres personnes. Des gens riche de cœur, d’envie, d’actions. Montrer quelles étaient leurs motivations, ce que cet engagement leur a apporté au final, leur bilan personnel (transformation personnelle et de leur entourage, dépassement de leurs limites).

 

Un film engagé, (r)éveilleur de flammes

Tout d’abord, « Nous avons traversé des tempêtes » n’a pas vocation à apporter une solution à la cause des migrants. Il s’agit humblement d’un cri au secours, un appel à relancer la réflexion, à retrouver un élan de solidarité, à refuser de laisser des gens mourir de cette manière alors que des mesures pourraient être prises pour mettre fin à cette tragédie.

Le documentaire cherche donc bien évidemment à susciter un débat sur la question des flux migratoires (ce que des personnes sont capables de faire pour s’offrir une meilleure vie) mais également sur la question de la solidarité, de l’accueil de l’Autre en France, des communautés Emmaüs, des représentations qu’on se fait des autres, de ceux qui sont différents, de l’inconnu…toutes des thématiques qui ressortent dans les propos de Tino et Ludo.

Plus profondément, ce film souhaite « approcher le souci d’humanité », pour reprendre une expression de nos deux compagnons. Nous devons renouer avec les autres, retrouver un sens de ce qui acceptable et de ce qui ne l’est pas. Nous appartenons tous à la même famille, nous devons penser aux uns et aux autres, revenir aux valeurs de partage et de solidarité, s’éloigner de cette domination de l’argent/de la compétition dans nos vies.

Selon Antoine, ce « souci d’humanité » renvoie également à la notion d’interdépendance et à l’ « importance du Lien dans toute vie » : le fabriquer, en prenant en compte l’Autre, en pensant aux générations futures, en respectant le vivant et en prenant soin de notre maison commune.

Ceci étant dit, l’ambition première de ce documentaire est de montrer un projet mené de A à Z par des personnes, en l’occurrence des compagnons qui parlent à d’autres compagnons de leur engagement et qui cherchent à communiquer cette envie d’agir.

« Nous avons traversé des tempêtes » souhaite éveiller une flamme chez les personnes qui visionnent le documentaire, leur transmettre une envie d’engagement, de passer à l’action pour faire des choses utiles pour soi et les autres.

C’est un message porteur d’espoir qui affirme que tout le monde est capable d’être acteur de son environnement et que ces actions entreprises peuvent avoir un pouvoir transformateur (sur le-s porteur-s de projet, sur leur entourage, sur la société).

 

Suite envisagée pour ce documentaire et perspectives pour l’avenir

 Une fois le documentaire terminé, l’objectif est de le diffuser le plus largement possible, dans toute la France et peut être à Tarifa – à l’occasion d’un festival de cinéma africain au mois de juin, le directeur du festival, rencontré par Antoine, semble partant en fonction de la qualité du film.

Antoine, Fabrice, Tino et Ludo ont à cœur d’accompagner ce documentaire au maximum et se tiennent donc prêts, en fonction de leurs disponibilités, à se déplacer pour participer à des ciné-rencontres, organisés à l’occasion de la projection de leur film.

Ce documentaire devrait être le premier d’une longue  série de documentaires sur le récit de projets menés de A à Z par des personnes ayant à cœur d’agir, à cœur d’être acteur de leur environnement.

 

>> Plus d’informations :

site internet de l’association

page Facebook de l’association

>> Contact :

Antoine Hospitalier

HISTOIRE 2 VOIR
06 62 62 00 76
h.antoine@gmx.fr

 

 

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